Une semaine avec le Tarot d'Oswald Wirth - Jour 2
Ma journée commence avec la visite de Raimondo, un jeune homme d'à peine 30 ans au look très travaillé. Il m'explique brièvement avoir rencontré une femme magnifique. Tout a été très vite dans un premier temps puis son comportement a changé du tout au tout du jour au lendemain. Il est assez déboussolé par son attitude et se demande comment va évoluer leur relation.
J'opte pour un tirage à trois cartes, sans convention de lecture.

Le Monde nous montre un personnage qui se cloisonne ou se protège des créatures alentours. Il symbolise probablement le revirement de situation dont ce pauvre Raimondo est victime. Sa chère et tendre s'est renfermée sur elle-même comme une huître et semble hors d'atteinte. Avec le Diable dans son sillage on peut se demander si ce n'est finalement pas une bonne chose...
Beaucoup de personnages semblent graviter autour de cette séductrice impénitente. Avec le Diable, le charme s'estompe rapidement. Les masques tombent et, comme sous l'effet d'un sortilège trop puissant, il est trop tard. Le piège de la passion s'est refermé. Raimondo devient nerveux. Quelques gouttes de sueur perlent sur son front. Je le rassure d'un geste apaisant en tapotant la Tempérance. Je me lève, quitte la pièce un instant et revient avec deux cafés. Raimondo reprend quelques couleurs.
La Tempérance donc. Ultime transformation. La bête se change cette fois-ci en ange à l'allure bien humaine. La relation s'équilibre. Les vieux démons sont désormais sous contrôle. Les deux créatures asservies disparaissent du paysage. La relation se change en quelque chose qui, à défaut de ressembler à l'amour fou, semble moins conflictuelle. La disparition de tout personnage au profit de deux cruches est peut-être le signe de l'effacement de Raimondo. Il n'y a visiblement pas suffisamment de place pour deux égos dans cette relation. Dépité, le pauvre Raimondo me remercie et part vers son destin.
A suivre...